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Live in MonStreuil (LP)

by Gommard

13.00

MFR (XXXI, XXXVII)
Album vinyle + insert
Septembre 2016

1. Knuclehead
2. Les Zomatoufaire
3. Which Side Are You On?
4. 16 Tons
5. Preachin’ The Blues
6. Violent Love
7. Teenage Head
8. Les Révoltés du Bloc G
9. Havana Moon
10. Y a du Baston Dans la Taule

VERSION CD ICI

Cette galette n’atterrira sur aucune liste de Révélations De l’Année 2016.

D’abord, parce que le Gommard ne compte pas beaucoup de jeunes gandins à mèche, on est plutôt dans le vieux pilier de bar perdant ses poils, blanchi sous le harnois d’une multitude de groupes, pas tous punk ni même rock’n’roll d’ailleurs, on ne crache pas sur le fado ou la chanson réaliste à ce comptoir.

Ensuite, parce que le Gommard est une légende depuis des lustres sur l’hyperactive scène montreuilloise, les seuls rivaux pour la popularité, la pêche et la gouaille de la Clinik du Docteur Schultz de son vivant, enfin, quand il ne guestait pas avec eux. Bref, des serial players avec plus de bars, de squats et de salles officielles derrière la cravate que la révélation moyenne n’a entendu de disques.

« Bin pourquoi pas encore de galette, depuis le temps », me direz-vous ? À part quelques hymnes hargneux planqués dans un bouquin sur les chants syndicalistes ricains, queudalle en effet : trop plongés dans le live, trop querelleurs, grognons, incontrôlables, exigeants, introuvables selon les membres (ouais, des fois ils ont l’air d’émerger d’ « Astérix en banlieue »), toutes les tentatives en studio ont fini en eau de boudin. Dont acte, et enregistrement de cette splendide galette artisanale (c’est plus du DIY à ce niveau) en deux soirées mémorables de bordel et de bière début 2016 à l’Armony, l’un de leurs bars QG. Chapeau aux sondiers, au passage, pour avoir réussi à faire palper le bordel sans jamais qu’il ne dérape sur le groupe, toujours clair et, euh, non, je peux pas écrire limpide à propos du Gommard. M’enfin, vous comprenez.

Dernier, et majeur, motif d’échec aux révélations 2016, le Gommard ne fait pas du post-truc. Ni du néo-machin, ni du chose-revival. Il fait du rhythm’n’blues, pire même, des reprises – du plus rare à ce qu’on pensait jusqu’à les entendre être des poncifs éculés – arrangées carré mais jamais lisse, avec l’esprit punk et cette férocité joviale qui fait le coeur du pur rock’n’roll.

Par contre, si les Révélations de l’année vous broient régulièrement les glawas, si vous rêvez tripes sauvages plutôt qu’image, y’a des chances que cette galette se hisse dans vos meilleurs disques 2016.

Ratel (Raw Blues Paris)